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Le Blog de Florian Brunner

Un blog engagé où tout le monde pourra s’exprimer à sa manière sur Colmar, sa région et plus largement sur l'Europe et l'état du monde.

Valéry Giscard d’Estaing : le Centre fort

Publié le 21 Août 2012 par Florian Brunner

Giscard-President.jpg  

 

Nicolas Sarkozy a fait de la France forte son slogan de campagne, piochant dans le slogan giscardien de 1981 : « Il faut une France forte », le même slogan pour la même fin…Mais Nicolas Sarkozy devait penser que cette France forte rappellerait la gauche molle de Martine Aubry et assimilerait François Hollande à la France molle…Manque de chance pour le Président sortant les français ont opté pour la France normale…Le thème qui nous intéressera tout au long de cette analyse sera le Centre fort porté autrefois par Valéry Giscard d’Estaing dit VGE, Président de la République française de 1974 à 1981.


Nicolas Sarkozy s’est largement inspiré de Valéry Giscard d’Estaing pour construire son parcours politique. Peut-être en réalité rêvait-il de devenir un nouveau VGE ? Mais pour cela il lui manquait l’intelligence d’un VGE, des idées, un projet et une action européenne. Nicolas Sarkozy a comme VGE, opté pour la stratégie du « Oui mais » avec Jacques Chirac, a été élu Président de la République  en se présentant la première fois et choix du destin moins agréable a été battu alors qu’il se présentait pour un second mandat par la gauche…Mais la comparaison s’arrête là. Valéry Giscard d’Estaing a marqué la vie politique française surtout par son action lors de son unique septennat. Les journalistes aiment écrire des livres sur la stratégie politique et raconter ce qui se déroule dans les couloirs, et si ils ont tant aimé écrire sur Nicolas Sarkozy, c’est parce qu’il avait réussi sa conquête de l’Elysée…Ca a même donné un film…Pas un gros blockbuster (pourtant il y avait tout : la top modèle qui chante en plus : Carla, l’homme de confiance : François Fillon, le méchant : Kadhafi et le héros hongrois au passé trouble : Nicolas Sarkozy…) mais un film sympa de qualité moyenne…On avait déjà vu le film mis en scène par les médias…Et la conquête de Nicolas Sarkozy a été intéressante…C’est sans doute ce que l’on retiendra le plus, tant le mandat de Nicolas Sarkozy n’a rien donné de concret…En revanche si l’on retient VGE c’est pour le droit de vote à 18 ans, le divorce par consentement mutuel, la légalisation de l’avortement, le démantèlement du monopole de l’ORTF, le droit pour les parisiens d’élire leur maire, la création de la région Île-de-France, le droit à la saisine du Conseil constitutionnel aux parlementaires, l’élection du Parlement européen au suffrage universel direct, le système monétaire européen qui débouchera sur l’Euro, la création du Conseil européen, la fondation du G8 devenu G20, le premier usage du concept de mondialisation. VGE ne reculera que sur un projet malheureusement : l’abolition de la peine de mort, portée au printemps 1980 par Alain Peyrefitte. François Mitterrand l’abolira et c’est sans doute la seule mesure que l’on retient de ses deux mandats avec l’épisode des cohabitations.

 

VGE qui a été Président durant 7 ans n’a jamais connu de cohabitation. L’Assemblée Nationale réélue en 1978 sera de sa majorité, et le succès des européennes en 1979 lui permettra d’installer l’UDF, son parti comme le premier parti de France. Nicolas Sarkozy a perdu les dernières élections intermédiaires de son mandat (régionales et cantonales) jusqu’à sa défaite personnelle en 2012. Nicolas Sarkozy en 2012 était déjà un perdant, tandis que VGE était triomphant durant la période 1979-1980. Alors que les sympathisants de l’UMP ne veulent que le retour de Nicolas Sarkozy, qui a fait sa rentrée politique avec maladresse sur le thème de la Syrie, il est temps de stopper le pillage du centrisme et du bilan de VGE qui n’appartient en rien à la droite. D’abord parce que VGE n’est pas un homme de droite. Il a prôné l’Union de la majorité jusqu’en 2012 mais il ne se définissait pas comme un homme de droite. En outre, à l’époque de la présidence de VGE, aucun homme de droite n’aurait effectué les réformes qu’il a opéré.


Valéry Giscard d’Estaing fait ses études à l'école Gerson, au lycée Blaise-Pascal  à Clermont-Ferrand , puis au lycée Janson-de-Sailly et au lycée Louis-le-Grand à Paris  pendant l'Occupation . Il obtient son double baccalauréat en philosophie et mathématiques élémentaires en 1942, à 16 ans. Après une classe préparatoire au lycée Louis-le-Grand, il participe, en août 1944  , à l'âge de 18 ans, à la libération de Paris  et fait partie du groupe chargé de la protection d'Alexandre Parodi . Il refuse de retourner au lycée Louis-le-Grand pour y préparer l'Ecole Polytechnique  et s'engage dans la 1ère Armée  du général De Lattre de Tassigny . À la rentrée 1945, il réintègre le lycée Louis-le-Grand et est reçu au concours de l'Ecole Polytechnique  en juillet 1946  . Il en sort en juin 1948 et choisit d'intégrer la toute nouvelle Ecole National d'Administration  (ENA). Son entrée est facilitée par le décret du 19 juillet 1948    , qui permet à un polytechnicien par promotion d'y entrer sans passer de concours. Il effectue notamment un stage de huit mois en Sarre et obtient la note de 19 sur 20, alors que les meilleures notes habituelles tournent autour de 16. Sorti sixième de l'ENA (promotion Europe), il peut ainsi atteindre son objectif en 1952 : l'entrée à l'Inspection Générale des Finances.

 

VGE est un grand bourgeois qui aime être le premier en tout et se distinguer en toute circonstance. Depuis son adolescence, il sait danser, skier, jouer au tennis comme au piano, tâter du violoncelle, briller dans les salons (qu’il dit ne pas aimer), être dans les dîners un « convive exceptionnel ». VGE sait piloter avion et hélicoptère, même par mauvais temps. Le 16 mai 1966, VGE descend à skis, la face nord du Mont-Blanc, en compagnie de Maurice Herzog et du guide de haute montagne André Contamine, réalisant ainsi une seconde mondiale. VGE est chamois de bronze en ski et fit d’autres courses de haut niveau, comme la descente de la face nord de la Grande Motte, au dessus du Val d’Isère, ou un slalom géant à Chamrousse. VGE aura la passion de la chasse et effectuera des safaris en Afrique.


Valéry Giscard d’Estaing aime les femmes et aime les séduire ce qui l’entraine à cumuler les maîtresses, ce qui n’a pas été facile pour sa femme : Anne-Aymone. Ce lien avec les femmes sera étudié lors de la sortie du livre de VGE : « La Princesse et le Président » qui raconte la romance entre une princesse britannique, clairement la princesse de Galles Lady Diana, et un Président de la République française, évidemment Giscard. La ressemblance sera forte et marquera les commentateurs ouvrant un mini scandale dans les médias, ce qui permettra au livre de faire un tabac en librairie…Cet ouvrage était plus l’expression d’une étonnante immaturité affective…


VGE est un homme d’idées et de projets. Il croit au débat. Il a ainsi fourni au Centre tous ses thèmes : la règle d’or ? C’est VGE dès les années 60. Ancien Ministre des Finances de De Gaulle puis de Pompidou, il marquera cette fonction par sa rigueur et l’équilibre. La moralisation de la vie politique avec un référendum ? C’est VGE en 1995. Le gouvernement d’union nationale ? VGE en 1995. Il ne cessera de parler de sa volonté d’unir les français dans un rassemblement dépassant les clivages. Le soutien à la Construction européenne ? VGE évidemment ! En réalité François Bayrou en 2002, 2007, 2012 n’apportera rien de nouveau…Il refera du VGE en plus lent, à sa façon, en insistant plus sur la morale et apportera sa petite touche avec l’Education…Ainsi François Bayrou a bien pompé VGE et on lui a tout attribué…Les journalistes reconnaissant sa constance, un certain courage pour défendre toujours ses idées. Ses idées ? Vraiment ? Avant d’être reprises par François Bayrou, ces idées étaient celles de VGE et le sont toujours !

 

VGE a été nommé Ministre des Finances à 36 ans en 1962 par le Général De Gaulle avec lequel il discutera de manière régulière. En 1966, De Gaulle et Pompidou mettent fin à ses fonctions. Il faut mettre Michel Debré au gouvernement et il veut les finances ! Debré deviendra le souffre-douleur de Giscard qui n’hésitera pas à railler sa politique fiscale. VGE, irrité par son renvoi, prend ses distances avec le gaullisme et adopte la stratégie du « Oui mais » en critiquant de plus en plus le pouvoir en place jusqu’au référendum de 1969, où son intervention publique laisse penser qu’il votera « non ». Une intervention volontairement ambiguë ? En tout cas le « non » l’emporte et De Gaulle part. Le grand rival de VGE : Georges Pompidou devient Président de la République. VGE sera son Ministre des Finances de 1969 à 1974, jusqu’à la mort de Pompidou, emporté par la maladie de Waldenström.

 

C’est à l’élection présidentielle de 1974 que VGE se présente pour la première fois. Il réussi un Blitzkrieg électoral spectaculaire et est élu Président de la République à 48 ans. Durant la campagne présidentielle de 1974, le jeune Valéry Giscard d’Estaing, emporté par son talent à la télévision, réussi à incarner la modernité, l’audace et l’assurance permettant « le changement dans la continuité », un slogan de campagne résumant toute sa stratégie politique depuis 1966. VGE accèdera au second tour face à François Mitterrand et le clouera lors du débat télévisé avec cette formule: « Vous n’avez pas le monopôle du cœur ». Valéry Giscard d’Estaing sera élu Président de la République le 19 mai 1974 avec 50,81% des suffrages exprimés. A la tête d’un petit parti, VGE a conquis la présidence grâce à son seul talent et à sa première candidature ! Alors que d’autres avec leurs grosses machines ont dû ou devront affronter plusieurs présidentielles avant d’être  élus à la fonction suprême. Mitterrand ? Il s’est présenté trois fois avant d’être élu ! Chirac ? Trois fois aussi ! Mitterrand et Chirac, des Présidents qui ont été élus par lassitude ? Beaucoup d’hommes politiques actuels prennent exemples sur Mitterrand et Chirac pour signifier qu’ils ont raté une fois, deux fois mais qu’ils ne rateront pas trois fois ! En général c’est ceux qui perdent…trois fois (lorsqu’ils ont l’occasion de se présenter)…Mais regardons le chemin qu’a pris notre démocratie : Sarkozy élu la première et seule fois. Hollande élu la première fois. C’est l’exemple de VGE qui marche aujourd’hui et c’est sans doute celui qu’il convient de prendre dans ce cas de figure. La première fois doit être la bonne ! Et il faut avoir envie d’aller jusqu’au bout.


Valéry Giscard d’Estaing nommera Jacques Chirac comme premier ministre, ce dernier ayant trahi le candidat de la droite gaulliste Jacques Chaban-Delmas pour apporter son soutien à Giscard durant la campagne présidentielle de 1974. Jacques Chirac démissionnera en 1976 et VGE prendra Raymond Barre comme premier ministre jusqu’à la fin de son mandat. Les relations entre VGE et Chirac s’étaient tendues, Chirac ne se sentant pas assez pris en compte et impliqué. En réalité si VGE a pu en effet être distant et des fois dur à l’égard de Chirac, ce dernier est un Premier ministre soupe au lait, en plus d’un gros menteur mobilisé par sa seule ambition sans avoir d’idée et de projet propres. Chirac se moquait complètement des programmes et était obnubilé par cette idée fixe : devenir Président de la République. Et comme si ça ne suffisait pas il s’est trouvé deux conseiller dits « les diaboliques » (charmant terme qui veut tout dire…) : Pierre Juillet et Marie-France Garaud. Marie-France Garaud surnommé Marie-La-France tombera amoureuse de son jeune loup Jacques qui lui aussi enchainait les maîtresses…

 

VGE dira de manière prémonitoire : « Chirac ment lorsqu’il dit qu’il n’a pas eu les moyens de gouverner. Si, comme il l’a prétendu, il n’a pas pu mener sa politique, c’est parce qu’il n’en avait pas. » Ce sera tout le drame de Jacques Chirac, le drame de sa vie : il n’a jamais eu de politique. Evidemment de 1974 à 1976, le Premier Ministre Jacques Chirac aime se pencher sur les affaires étrangères, trop sans doute…Jacques Chirac Président fera la même chose : il s’occupera des affaires étrangères tout en négligeant les affaires intérieures, si bien que ce qui reste des années Chirac est le « Non » à la guerre en Irak…Et encore il doit partager le prestige de ce « Non » avec son dauphin de l’époque : Dominique De Villepin…Raymond Barre qui devient Premier Ministre en 1976 est tout le contraire de Jacques Chirac. Il n’est pas du tout politique et reste un grand économiste. Ainsi la marque de l’action giscardienne sera l’économie si bien qu’il n’y aura pratiquement que ça qui intéressera VGE. Alors que François Mitterrand ne comprenait rien aux questions économiques et s’y désintéressait complètement ce qui pour un Président de la République est un comble…VGE était l’anti-Mitterrand. Giscard est resté ministre des Finances et recevait tous les mois le directeur du Budget. Jean-Claude Casanova, ministre de l’Education Nationale de 1972 à 1974 précise « Giscard, à l’Elysée, travaillait les dossiers. Aron, qu’il avait longuement vu pour parler de la dissuasion nucléaire, m’a dit qu’il avait profondément étudié la question. Il faisait un travail technique, alors que Mitterrand ne faisait que du travail politique. » La France avait donc un Président qui savait travailler…Mais ce n’était évidemment pas du goût de Chirac qui préfère les relations plus sophistiquées, empoisonnées comme celles qu’il a entretenu avec Mitterrand.

 

Jacques Chirac qui aimera dire que François Mitterrand était un homme très intelligent, le présentant comme une sorte de mentor…Bref, Chirac avait besoin d’un papa mais Giscard de ce point de vue n’avait pas besoin d’un fils, étant comblé à ce niveau avec sa famille qu’il a mis en avant durant sa campagne. Chirac a donc trouvé que Mitterrand faisant un formidable papa…Comme Mazarine…A défaut de papa durant la présidence giscardienne, Chirac trouvera sa maman Marie-La-France qui le poussera à fonder le RPR et à se lancer sur la Mairie de Paris. Chirac deviendra ainsi Maire de Paris…On en connait les conséquences notamment dans le domaine des finances de la Ville…Mais ses conseillers Pierre Juillet et Marie-France Garaud se planteront avec « l’appel de Cochin » et seront virés par Chirac (avec Mme Chirac qui a bien poussé dans ce sens, toute contente de se débarrasser de Garaud, l’encombrante maîtresse) …Le plus cocasse est que Marie-France Garaud n’a pas du tout aimé le Président Chirac et pourtant c’était son favori…Après l’amour, il y a toujours la haine dit-on…

 

La fin des années Giscard c’est l’époque où d’après les témoignages, Chirac s’imagine en sorte de Jeanne D’Arc et proclame partout que Giscard est un danger pour la France…Etant donné que Giscard gagne les législatives et les européennes, Chirac qui est le seul à voir le danger se rapproche…de Mitterrand…Mitterrand qui ne voit pas trop de danger mais qui veut gagner en 1981, quand même il serait temps ! L’année 1981 est l’année où on verra le RPR et le PS s’échanger des messages d’amour dans les médias…Après tout les gaullistes et les socialistes ne sont pas si différents ! L’année 1965 qui vit s’opposer De Gaulle à Mitterrand au second tour est bien loin…Aujourd’hui bien sûr ce genre d’échanges est hors de propos…L’UMP et le PS c’est devenu très délimité…Ils ne veulent plus se parler…Mais peut-être que si un centriste accède à la présidence les choses évolueront…Donc Chirac sauvera la France ! Ou pas…Evidemment la suite des événements penchera vers le « pas »…Mais les français trouveront Chirac sympa, sans comprendre vraiment qu’il joue à être sympa, ce moulin à mensonges sort les plus gros de manière très conviviale et sympathique… « Super menteur » a commencé très tôt et avec ses gros sabots, il arrivera à devenir Président, pourquoi ? Personne ne sait vraiment, même pas lui ! Chaque pas doit être un but, il en fait beaucoup des pas avant d’atteindre le but ultime ! Une vraie course…qui nourrira sans doute plus la jalousie qu’il tient à l’égard de VGE, l’homme politique français le plus brillant et le plus précoce…


Et que fait Giscard durant ce temps ? Il réforme le pays ! Avec de vraies réformes, qui font évoluer la société…C’est peut-être la dernière fois que la France connait un tel changement…Au début de son mandat VGE a une vraie crise de jeunisme, il s’entoure de jeunes, brillants, sportifs et à l’aise dans l’existence. Chirac est jeune et sera donc son Premier ministre durant deux ans. VGE lancera la France dans un élan moderne et réformateur : il a imposé des réformes au plan des mœurs, au risque de se mettre à dos une partie de son électorat. Le droit de vote est accordé aux jeunes de 18 ans ce qui rajeunie l’électorat. Et surtout l’avortement devient légal grâce à l’action de Simone Veil. Les parlementaires peuvent saisir le Conseil constitutionnel, et le rôle du Parlement est ainsi revalorisé. Françoise Giroud, fondatrice et directrice de L’Express, devient Secrétaire d’Etat à la Condition féminine et lance « Cent mesures » en faveur des femmes (mise en place de droits propres pour les femmes, lutte contre les discriminations, ouverture des métiers dits masculins…). Françoise Giroud mettra en place le divorce par consentement mutuel. Afin d’appuyer son action à la tête de l’Etat et pour répondre à la création du RPR, VGE lancera l’UDF qui réunira les courants centristes et qui se présentera aux législatives de 1978. La majorité RPR-UDF gagnera le scrutin et l’UDF fera une entrée en force au Parlement.


Mais l’action de VGE sera également européenne. Giscard et le chancelier allemand Helmut Schmidt lanceront le second vrai couple franco-allemand depuis De Gaulle et Adenauer. Une vraie complicité s’établie entre VGE et Schmidt qui permettra à l’Europe d’avancer. Ainsi l’élection du Parlement européen au suffrage universel direct est instaurée. Les citoyens européens pourront élire leurs représentants au Parlement européen. La première élection européenne en France aura lieu en 1979 et verra la liste UDF dominer le scrutin (27,60%) bien devant la liste PS (23,53%) et largement devant la liste RPR (16,31%) qui est dépassée par le Parti Communiste (20,52%). Simone Veil qui conduisit la liste UDF aux européennes deviendra la première Présidente du Parlement européen. Une juive rescapée des camps nazis à la tête du Parlement européen, tout un symbole…Giscard et Schmidt lancent le système monétaire européen qui débouchera sur l’Euro. Le Conseil européen est fondé. Giscard établira aussi le G8 qui deviendra le G20.


L’action de VGE est marquée aussi par un fait d’arme : en mai 1978 les parachutistes français interviennent au Zaïre contre des insurgés soutenus par les Cubains. C’est l’opération de Kolwezi, baptisée « Léopard ». 3000 otages européens étaient détenus par des rebelles qui bénéficiaient de l’aide de leurs voisins angolais et de leurs protecteurs cubains. Giscard décida d’intervenir directement et enverra 400 parachutistes du 2e REP sauter sur la ville de Kolwezi dans la province de Shaba au Zaïre. Les otages seront libérés et les rebelles qui ont subi de lourdes pertes repassent la frontière. Le 2e REP quitte le Zaïre dès le 15 juin 1978. VGE est crédité du succès. Raymond Aron salue le retour de la France dans la « grande politique » : « En l’absence des Etats-Unis, paralysés par un président ligoté par les lois votées par le Sénat, le président français tente avec courage de combler un vide. Il souhaitait garder de bonnes relations avec tous les Etats, quels qu’en soient les régimes. Le voici en première ligne. »


Elections législatives gagnées contre la gauche, élections européennes remportées contre la liste de Jacques Chirac, succès militaire au cœur de l’Afrique : les années 1978-1979 marquent l’apogée du giscardisme. En 1979, VGE est triomphant.


Qu’est-ce qui conduira à son échec en 1981 ? Un échec qui mettra fin à son action à la tête de l’Etat. Il ne parviendra plus jamais à se remettre en situation de reconquérir la présidence.

Fin 1979, le Canard enchaîné titre « Quand Giscard empochait les diamants de Bokassa ». Bokassa a été le « président » de la République centrafricaine de 1966 à 1976 mais ce leader africain bien allumé qui appelait De Gaulle « papa » ce qui irritait ce dernier qui le surnommait « le Soudard », a fait une fixette sur Napoléon, il s’est donc autoproclamé empereur en 1976 et a organisé son sacre pour devenir un bel empereur…sans empire…L’empereur commença à devenir sanguinaire et Giscard fit tomber Bokassa en 1979 qui jura de se venger…Mais Bokassa n’a jamais eu l’opportunité véritable de se venger…Il prétendit que cette révélation marquait sa vengeance, en réalité il y a joué un petit rôle…Face à ce coup médiatique du Canard enchainé, Giscard très irrité ne riposte pas. Puis le journal Le Monde en remet une couche dans un éditorial au titre très grandiloquent « La vérité et l’honneur ». Ce texte est très dur à l’égard de Giscard. L’Elysée publie un communiqué mollasson. Le Canard enchaîné riposte en agitant son grand bec. Giscard doit s’expliquer pour les français, donc il le fera de manière très courte en répondant aux journalistes avec agressivité. Bref, tout ça pour constater que Giscard avait reçu des plaquettes de diamants et que finalement ces plaquettes avaient été vendues par le secrétariat général de la Présidence et leur montant distribué à des organismes caritatifs. Les plaquettes de diamant ont été estimées selon les époques au total entre 110 000 et 170 000 francs. Concernant la première plaquette révélée par le Canard enchaîné, la valeur d’un million de francs évoquée tient à une confusion entre nouveaux francs et francs CFA. Ce qui sera plus préoccupant, c’est le suicide de Robert Boulin en octobre 1979 et l’assassinat de Joseph Fontanet en février 1980. Des personnalités politiques en vue…Encore aujourd’hui ces affaires interrogent et Chirac y tient une place trouble…


Un an avant l'élection présidentielle, dans une interview accordée à l'hebdomadaire L'Express le 10 mai 1980, le président de la République estime avoir réalisé les trois quarts de ce qu'il souhaitait faire. Un sondage publié le mois précédent dans Le Point le donne vainqueur avec 57 % des voix face à Michel Rocard et 61 % face à François Mitterrand. Le 2 mars 1981, il annonce depuis le palais de l'Elysée qu'il brigue un second mandat. La rigueur barriste rend le premier ministre Raymond Barre très impopulaire et VGE ne le changera pas. En réalité VGE prépare mal la présidentielle de 1981. Sa stratégie cafouille et la campagne est lancée très tardivement, laissant peu de temps à VGE pour défendre son bilan mais il parvient au second tour balayant Chirac, candidat au premier tour.  


Le 26 avril 1981, il arrive en tête du premier tour de l'élection présidentielle avec 28,32 % des voix, devant François Mitterrand (25,85 %) et Jacques Chirac (18,00 %). Jacques Chirac ayant refusé d'appeler ses partisans à soutenir Valéry Giscard d'Estaing pour le second tour, il est accusé de soutenir le candidat socialiste en ne se prononçant qu'à titre personnel en faveur du Président sortant. En outre le RPR donnera comme consigne à ses militants de voter François Mitterrand. Giscard appellera le siège du RPR et se fera passer pour un militant en demandant pour qui voter…Il s’entendra répondre qu’il faut voter Mitterrand…Le calcul de Jacques Chirac est simple : faire battre Giscard pour qu’il puisse devenir le leader de la droite. Ainsi le RPR et son leader trahissent le candidat de Centre droit. Jacques Chirac en se présentant à la présidentielle a brisé l’unité de la droite pour grossièrement barrer la route au seul candidat de cette mouvance qui pouvait l’emporter. Jacques Chirac pense que François Mitterrand ne tiendra pas 2 ans à la présidence et qu’alors son heure viendra. A l’époque Chirac aime parler de la France, de ce qu’il faut pour elle, il semble s’en croire le sauveur…Ce qui est assez cocasse étant donné ce qu’ont donné ses deux mandats…Après 1995, Chirac a-t-il tenu 2 ans ? En 1997 la cohabitation commence et Jospin arrive…Curieux retournement de situation où le Président de droite présentera des difficultés permettant aux socialistes de revenir aux affaires…


François Mitterrand a les jetons à l’approche du débat télévisé du second tour et veut l’annuler…Il est vrai qu’en 1974, il a été dominé par un VGE détendu et efficace. Mais les français veulent ce débat, c’est une tradition, donc c’est reparti ! VGE espérait y renverser la tendance en sa faveur mais Mitterrand y fait ses preuves. Lors de ce débat, le 5 mai 1981, François Mitterrand qualifie Valéry Giscard d'Estaing d'« homme du passif », en réaction à « l'homme du passé » ou « vous n'avez pas le monopôle du coeur» dont Giscard l'avait crédité sept ans plus tôt lors du débat télévisé de la présidentielle de 1974. À l'issue de cette confrontation, la comparaison entre les points forts et les points faibles des deux candidats est néanmoins favorable au président sortant. Le 10 mai 1981, Valéry Giscard d'Estaing perd le second tour de l'élection en recueillant 14 642 306 voix et 48,24 % des suffrages exprimés.


Récemment, après la présidentielle de 2012, l’UMP a dénoncé la trahison de François Bayrou qui a déclaré qu’il voterait à titre personnel pour François Hollande. François Bayrou avait commis un crime impardonnable. Le Centre avait trahit le candidat naturel de la droite. L’UMP devrait se rappeler de ce que son ancêtre, le RPR a fait au candidat du Centre Valéry Giscard d’Estaing en 1981. Le RPR a trahit le Centre en 1981 pour faire gagner le candidat de gauche afin de mettre en orbite son leader Jacques Chirac. Jacques Chirac qui fut récompensé de son geste, bien plus tard en devenant Premier ministre de Mitterrand en 1986 lors de la cohabitation…Oui il fût une époque où la droite officielle, le RPR a voté pour un homme de gauche. Evidemment le RPR espérait reprendre la main rapidement, dès 1982 où Mitterrand se serait retiré ! Il a fallu attendre 1988 où le super Chirac aurait dû être élu…Mais le candidat Chirac tout de même Premier ministre a perdu face au vieux Mitterrand tout poussiéreux…Avant de vouloir rouler dans la farine et faire frire les centristes, il semblerait que Chirac ait été plusieurs fois fariné et frit. La dernière grillade en 2005, après l’échec du référendum sur la constitution européenne reste mémorable.


Après la défaite de 1981, VGE ira se reposer dans un ranch au Canada où le confort est minimal. « Valy » y fera du cheval, participera à la vie et aux jeux de la communauté. Alors que son camp le lynche, que la droite se prend une raclée après la dissolution de l’Assemblée Nationale par le nouveau Président François Mitterrand, VGE voyage en Grèce, au Canada, à Singapour, etc. VGE qui a accordé une importance exagérée aux capacités intellectuelles au détriment des sentiments et des rapports humains va remettre les pieds sur terre et changer. VGE va participer à des activités simples et se rapprocher des gens.


En 1982, VGE se présente aux cantonales et gagne. Giscard repart de l’Auvergne et pendant 14 ans se livrera à une course aux mandats et aux présidences. Il deviendra notamment Président du Conseil régional d’Auvergne en 1986 et député européen en 1989. Comme Président de région, VGE a été très efficace, il a lancé des dossiers très importants pour l’Auvergne : les grandes liaisons autoroutières vers Béziers comme vers Bordeaux, le parc Vulcania, la Grande Halle d’Auvergne et un Zénith ; il a restauré des lycées avec des architectes de qualité qu’il choisissait lui-même et s’est beaucoup intéressé à l’orchestre d’Auvergne. L’Auvergne était l’une des régions les mieux gérées de France avec des frais de fonctionnement très faibles. Mais Giscard sera de retour dans le jeu politique national…sans pouvoir revenir au pouvoir…En 1988 Barre qui est devenu extrêmement populaire se présentera come candidat centriste mais sera écarté au premier tour. La deuxième défaite de Chirac à la présidentielle est un choc pour lui qui le met KO. Giscard reprend la tête de l’opposition et c’est le grand retour, l’ultime état de grâce.  

 

En 1988, Giscard mène la bataille de la droite aux législatives et la majorité de gauche n’a pas la majorité absolue à l’Assemblée. En outre pour la première fois l’UDF passe devant le RPR. La presse applaudit la performance et se moque des « quadras » qui voulaient le mettre à la retraite. Pour Le Monde, Giscard est « un adepte du trampoline. Il a appris depuis longtemps à rebondir. » Et « un phénomène. Un insubmersible de la politique. Parfois touché. Jamais coulé. » VGE prend la présidence de l’UDF. En juin 1989, Giscard obtient la direction d’une liste commune UDF-RPR pour les européennes. Des « rénovateurs » se lancent dans la course pour constituer une liste aux européennes : des jeunes députés (dont François Bayrou, Bernard Bosson et Michel Noir) envisagent de constituer une « liste de renouvellement » essentiellement constituée de jeunes. L’objectif est d’enterrer politiquement Chirac et Giscard d’Estaing, rien que ça…aux européennes en plus, le scrutin ayant le moins de portée nationale…Mais ces « jeunes » qui se croient meilleur que le vieux se divisent et ne peuvent présenter une liste commune aux européennes. La droite va au combat sous deux bannières : une liste centriste dirigée par Simone Veil (dont le directeur de campagne est François Bayrou, peu enthousiaste…) et la liste « d’union » UDF-RPR de Giscard qui, avec près de 29% des suffrages, obtient une double victoire : à l’intérieur de la droite car la liste Veil dépasse à peine les 8%, et face à la liste Fabius qui n’atteint pas les 24%. Giscard remonte dans les sondages, sa popularité est en hausse. Mais l’élan ne se prolongera pas jusqu’en 1995…

 

L’arrivée de Balladur paralysera le positionnement de Giscard. En 1995, les sondages ne sont pas encourageants pour VGE qui se retire en misant sur Chirac…Léotard, Bayrou et Sarkozy se précipitent chez Balladur qui perd dès le premier tour…VGE mise toujours sur le bon cheval à une présidentielle mais n’est jamais parvenu à redevenir ce cheval…VGE aurait-il pu dans une campagne présidentielle retrouver son aura et même retrouver la présidence ? Pourquoi pas mais il n’a pas opté pour ce risque, il n’est pas reparti pour une présidentielle pourtant il aurait pu étant donné les faiblesses des représentants de la droite pour leur passer devant…Mais il fallait partir de bien bas…François Bayrou y est arrivé en 2007 en obtenant 18% des voix mais sans pouvoir accéder au second tour…En 1995, VGE n’exclut pas 2002 mais ce sera Bayrou qui ira avec ses quelques 6%...2007 sera le miracle de Bayrou puis 2012 la redescente à 9%...Bayrou s’est lancé sans cesse sans y arriver en ne misant que sur la présidentielle, un ratage total.  

 

VGE a su se lancer au bon moment et y arriver, il a su diriger une famille politique et la faire réussir. En 1996 il quitte la présidence de l’UDF dans un climat houleux que l’on doit aux partisans de Léotard et Bayrou, alliés pour obtenir la tête de l’UDF, évidemment…face à Madelin qui était soutenu par VGE. Léotard devient Président de l’UDF avec 57,42% des voix. Il avait une belle côte de popularité dans les années 80, mais cet espèce de hussard plus pressé que fidèle se verra coller une image de « neuneu » dans les Guignols de l’info et aura son nom associé à toutes sortes d’affaires. Sa popularité tombera. Après un grave problème de santé, il se retirera de la vie politique. C’est François Bayrou qui prendra alors la tête de l’UDF en 1998, après un putsch rampant. François Mitterrand leur avait dit à tous les deux : à François Léotard et à François Bayrou qu’ils iraient loin, il le disait à chaque petit ambitieux qu’il trouvait…Et les ambitieux y croyaient et s’attachaient au gentil papy Mitterrand…François Mitterrand n’a jamais dit à François Hollande qu’il irait loin…


Le 15 décembre 2001, Giscard est nommé président de la Convention européenne chargée de préparer d’ici l’été 2003 une réforme institutionnelle de l’Europe propre à insuffler « davantage de démocratie, de transparence et d’efficacité » dans la machine communautaire. A ce moment-là VGE fera définitivement le deuil de l’Elysée. Il travaille avec application, méthode et transparence. Ce travail débouchera sur la Constitution européenne. Chirac organise un référendum en France et Giscard fait campagne…seul…Chirac est à côté de ses pompes et ne suit pas les conseils de Giscard qui lui dit de faire un « grand coup politique », de changer de Gouvernement et de reporter le référendum. Le 29 mai 2005, par 54,68% des suffrages, les Français rejettent la Constitution. Le traité de Lisbonne gardera l’essentiel du travail de la Convention mais effacera tout ce qui relevait d’une vision constitutionnaliste. Giscard vivra mal ces modifications et il ne pourra être Président de l’Europe, trop âgé. Ce sera le fade Herman Van Rompuy.


Valéry Giscard d’Estaing a été poussé hors de sa famille politique par une jeune garde arrogante et sûre d’elle pour un résultat qui amena à la disparition de l’UDF et à une réduction de l’électorat du Centre. VGE a fait réussir le Centre sous la Vème République pendant et après sa présidence, il a incarné le Centre fort qui lui devait tout. Quelques jeunes centristes qui croyaient avoir les dents acérées et longues, qui croyaient que leur jeunesse et leur charisme allaient porter le centrisme vers des lendemains plus glorieux, ont enchainé les ministères et ont cru devoir écarter le vieux pour assouvir leurs ambitions plus grandes, pour qu’eux aussi puissent devenir Présidents de la République. Des idées ? Un programme ? Un projet ? Rien de tout cela. Aucun de ces éléments qui ont fait la réussite du giscardisme. Non juste l’envie de devenir Président. Une envie qui ne mena à rien. Ces jeunes politiciens virent leurs belles dents brisées par la réalité électorale et médiatique. Les Léotard, Madelin, Bayrou furent balayé de la vie politique. Aveuglés par leur orgueil, ils n’ont pas vu la falaise dans laquelle ils se précipitaient. Eh oui, tout le monde n’est pas De Gaulle. Tout le monde n’est pas Mitterrand. Et surtout tout le monde n’est pas VGE…Les jeunes centristes qui ont émergé dans les années 80 étaient des jeunes excités, littéraires, un peu illuminés, prêts à tout pour être sur le devant de la scène. La scène a eu raison d’eux.

 

Cette jeunesse centriste n’avait rien à voir avec la jeunesse conquérante, sportive, à la fois littéraire et scientifique portée par le centrisme des origines. Après VGE sont apparus des profils sans saveur, sans densité, réduits à la vie politique qui est très restrictive. La politique, encore la politique et toujours la politique. Mais ce fut pareil à droite et à gauche. Ce fut le temps des obsédés de la politique et paradoxalement cette période concorde avec le désintérêt croissant des citoyens pour l’action politique. Une génération politique a déçu. Ils avaient tous Mitterrand à la bouche, le politique florentin et machiavélique, l’exemple politicien par excellence. Cet exemple les a perdu parce qu’il appartient à une autre époque, révolue. Chirac aussi appartient à une autre époque. Mais Valéry Giscard d’Estaing a exercé une action tellement moderne et novatrice qu’elle peut encore aujourd’hui et dans l’avenir servir d’inspiration. Il restera donc Valéry Giscard d’Estaing, le Président réformateur mais aussi Valéry Giscard d’Estaing, l’européen dont le bilan est conséquent. Il n'est resté qu’un mandat Président de la République mais il a su agir vite et au-delà du cadre de l’Etat français. Son action est dense et est reconnue du niveau local au niveau européen en passant par le niveau national.

 

VGE aura tout fait et l’aura fait avec talent. Valéry Giscard d’Estaing qui porta un Centre fort, sans doute pour aboutir à une Europe forte. Et ça nous sommes tous d’accord pour dire qu’on est loin du résultat. Le débat européen a du mal à prendre en France et il sera nécessaire d’y faire participer les citoyens en 2014, date des élections européennes pour déterminer ce que serait une Europe forte. La classe politique devra sans doute devenir plus mouvante et se rapprocher des citoyens. Ce que n’a pas cessé de porter VGE est plus que jamais d’actualité : une démocratie rénovée, une société moderne et libérale, ainsi qu’un avenir européen. Depuis 50 ans, VGE porte le même message politique, que les français aussi peinent à entendre ou ne veulent pas entendre, et c’est ce message inchangé au fil des conjonctures politiques qui reste aujourd’hui criant d’actualité. Il sera nécessaire de sortir du sectarisme et d’établir un projet dépassant les clivages, un projet d’union. Une utopie ? Du pragmatisme. C’est parce que le personnel politique de ces dernières années a manqué de pragmatisme que nous en sommes arrivés à cumuler autant d’échecs. C’est parce que les français, trop fleur bleue durant les élections, ont manqué de pragmatisme qu’ils ont choisi ce personnel politique dans les urnes.

 

La Présidence de la République n’est plus le cœur de toutes les décisions. Le niveau est désormais européen. Il ne suffit pas de vouloir le changement et de l’attendre d’un homme, chacun peut l’entreprendre à son niveau. C’est prendre le risque, le risque de l’action, le risque d’être jugé et critiqué mais si le résultat est louable alors le risque aura été nécessaire. La France ne sera pas « sauvée » (tout le monde veut la sauver depuis les années 80 mais elle tient plutôt bien toute seule…) par une élection présidentielle. La France est une construction collective à laquelle chacun peut prendre part. Et il en va de même pour l’Europe, une construction bien plus large qui aura plus d’impact sur l’humanité, à l’heure où nous savons que l’exploration spatiale est un domaine d’avenir et que l’espace est parsemée de planètes ayant les mêmes caractéristiques que la Terre. Ainsi nous sommes face à de nombreux défis : un défi démocratique, un défi sociétal, un défi institutionnel, un défi humaniste et un défi scientifique. La mondialisation et la construction de l’humanité, nous amènent, nous français et européens à élaborer la place que nous voulons prendre dans l’avenir pour servir un projet à l’échelle planétaire. Encore une fois, VGE l’avait compris dès les années 70.


Ainsi Valéry Giscard d’Estaing porta un message novateur qui peut encore nous inspirer. Sa personnalité a-t-elle empêchée sa victoire en 1981 ? Les personnalités de Mitterrand, Chirac ou Sarkozy n’étaient pas les plus exemplaires…Des fois les choses sont très simples : en 1981 VGE a fait une mauvaise campagne, mal préparée et a payé la promotion qu’il avait fait de Jacques Chirac qui n’hésita pas à le trahir. Ensuite le mal était fait et la partie pour le Centre est devenue plus difficile. Mais VGE a encore agit pour l’Auvergne notamment où son action est reconnue et pour l’Europe. Valéry Giscard d’Estaing est l’un de grands européens du XXème siècle. Et le souvenir de cet homme dépassera de loin le champ national. Tandis que Mitterrand et Chirac feront l’objet de petits débats nationaux, à part pour l’Euro et l’Irak. Et encore…L’empreinte giscardienne dépasse notre cadre français mais émerge de là. Nous pourrons nous la réapproprier et pourquoi pas, essayer à notre tour de la rénover. La modernité est un élan, sans cesse renouvelé par de nouvelles inventions.

 

Florian BRUNNER

Président des Jeunes Démocrates d'Alsace

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schreiber françoise 28/08/2013 18:11


J'aime bien prendre connaissance du regard que porte quelqu'un de la jeune génération sur des évènements que j'ai vécus et des personnages que j'ai connus, et quelquefois détestés ( c'était le
cas de Giscard ). Je suis maintenant plus nuancée dans mes appréciations. 


Mais l'expérience me montre que le temps où une personnalité pouvait imprimer une forte marque à la société, est passé. Les citoyens ne sont plus dans ces dispositions, et les programmes
électoraux tout ficelés font long feu.  Je prendrai pour exemple le " mariage pour tous " ( promesse du candidat Hollande et appellation malheureuse, s'il en fut ! ). On a gâché là une
belle occasion de trouver une solution qui convienne  à presque tous .


La question est plutôt de trouver les bonnes méthodes pour poser et résoudre les véritables problèmes de la société. Je suis curieuse de voir ce que cela donnera pour les retraites... j'espère un
miracle  ...


Comment ne pas laisser aux seuls politiques le soin de mener le débat et comment faire intervenir la société civile, et ceux qui n'ont aucun intérêt électoral ou corporatiste à défendre ?


Voilà, à vous les jeunes, et ne mettons pas du vin nouveau dans de vieilles outres !