Jeudi 3 mars 2011 4 03 /03 /Mars /2011 18:00

Le vendredi 18 février 2011, le Conseil d'administration de l'université de Haute-Alsace (UHA) accueillait le président et le premier vice-président de l'université de Strasbourg (UDS) pour échanger sur un éventuel rapprochement entre les deux pôles.
La concentration des universités est un mouvement général qui est impulsé dans toute la France afin de mutualiser les activités et les moyens ; ainsi 21 PRES ont été instaurés en France. L'Etat met la pression comme avec les communautés de communes, en fermant des financements s'il n'y a pas de rapprochement.

 

L’UHA a commencé des négociations avec l’UDS visant à aboutir à un rapprochement.

Celui-ci est soumis à un calendrier quinquennal 2013/2017 qui implique que les maquettes de l’offre de formation doivent remonter en octobre 2011. Les maquettes de la recherche devront être remises en juin 2011. Ce timing serré et non entériné à ce jour permettrait de remettre un dossier d’évaluation complet au ministère.

 

L’UHA a une culture de professionnalisation et d’innovation. Elle a un ancrage partenarial, une taille humaine favorisant l’interdisciplinarité. Elle apparait complémentaire à l’UDS.

Cependant l’UHA propose des formations à faible effectif. L’offre de formation est à restructurer.

Le réaménagement des équipes de recherche est à poursuivre. L’UHA est en dessous de la taille critique. Peu de projets sont engagés avec l’EUCOR ; la confédération européenne des universités du Rhin supérieur. Le nombre d’enseignants-chercheurs de rang A est insuffisant dans certaines disciplines. Les menaces qui se présentent sont la perte de capacité à porter des projets et le risque d’évoluer vers une université de niveau L qui ne proposerait que des formations de licence.

 

L’UDS applique déjà deux niveaux de regroupement :

 

-          une université avec une gouvernance unique permettant une organisation multipolaire et hiérarchisée.

 

-          une coopération avec d’autres partenaires à l’état de projet nommée Cluster Alsace-Sup qui instaure des réseaux thématiques visibles et performants.

 

L’UDS est implantée dans la communauté urbaine de Strasbourg (CUS), à Haguenau, à Sélestat et à Colmar (IUFM). Elle a des rattachements avec l’ENGEES, la BNU, l’ENSAS et l’INSA.

Le Cluster Alsace-Sup englobe l’INRA, le CNRS, l’INSERM, l’HUS, l’ENA, l’INET, les Arts déco, le conservatoire, le Quai, le TNS, le CROUS et les collectivités locales.

Trois scénarios ont été envisagés pour le rapprochement:

-     l'alliance: dans ce cadre l'UHA rejoint le Cluster Alsace-Sup, elle est mise sur le même pied qu'une multitude de partenaires de l'UDS comme l'ENA ou les Conseils Généraux du Bas-Rhin et du Haut-Rhin.

-     la fusion: l'UHA rejoint l'université de Strasbourg.

-     le rattachement: l'UHA conserve une structure avec un partage d'identité. Il y a une convention de rattachement.

Le premier scénario a été rejeté par le CA de l'UHA.
Le président de l’UDS et son équipe veulent la fusion.

Le CA de l'UHA semble vouloir un rattachement pour préserver son identité. Les dirigeants de l’UHA affichent leur préférence pour cette option sans préciser ce qui sera mis dans la convention de rattachement.
Le rattachement apparait ainsi comme une coquille vide qui risque de rendre l’UHA plus vulnérable qu’actuellement.

Il me parait souhaitable d’opter pour une fusion à la condition que la nouvelle université soit renommée et que Strasbourg supprime des filières chez elle pour renforcer celles de Mulhouse, que Strasbourg accepte l'idée que des étudiants strasbourgeois puissent étudier à Colmar et Mulhouse.

L'alliance me semble inacceptable et le rattachement parait être un concept vague et illisible. La fusion permet une mise en commun des formations, d'éviter les doublons et donnerait à l'UHA une visibilité internationale dont bénéficie l'UDS. Il serait plus facile pour l'UHA d'obtenir des financements sur des projets, par exemple pour des grands emprunts.
Un fonctionnement autonome a été garanti par l'UDS pour l'UHA. Haguenau fait partie de l'UDS et fonctionne en autonomie.
Si la fusion est effectuée, il n'y aurait plus qu'un CA mais il est souhaitable d'avoir un centre de décision unique pour une si grosse structure ; à charge aux filières de s'y faire représenter.

L’UDS et l’UHA pourront former une université d’Alsace capable de négocier avec des partenaires allemands afin d’instaurer une université bilingue de part et d’autre du Rhin. Nous pourrions établir une négociation plus résolue avec le réseau EUCOR pour aboutir à la mise en place de formations se déroulant dans toutes les universités du Rhin supérieur.

Un rapprochement avec les universités de Bâle et Freiburg et l’université technique de Karlsruhe pourrait être opéré. L’université d’Alsace devra appliquer une stratégie tournée vers ses voisins rhénans permettant l’affirmation d’une identité régionale au sein de l’Europe.

 

Afin de dégager une orientation pour l’UHA, je propose la tenue d’un référendum pour consulter les étudiants où ces derniers pourront se décider entre rattachement et fusion.

 

Florian Brunner

Elu Cé au Conseil d’administration de l’université de Haute-Alsace

Par Florian Brunner
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Commentaires

Oui à la fusion si elles se fait dans le cadre d'une Université d'Alsace avec ce nom et nous par l'annexion par l'UDS. En tant qu’étudiant je m’en fous un peu du rayonnement international de l'université, ce point ne concerne que les chercheurs. Ce qui compte pour moi c’est l’emploi. Le taux de formations professionnalisantes est plus de deux fois supérieur à Mulhouse/Colmar qu’à Strasbourg. Pour l’apprentissage Mulhouse s’appui sur un réseau local important. Avec la disparition d'une identité Mulhouse propre ce réseau local risque de ne plus être aussi actif. Le nom UDS est une création récente lié à la fusion il y a deux ans. Il y a d'ailleurs plein de gens qui pensent que les ULP, URS, UMB existent encore donc l'argument de garder le nom UDS parce qu'il aurait une certaine portée ne tient pas du tout la route. Je voterai non à la fusion s'il y a maintien du nom Université de Strasbourg. Il y a trop à perdre et rien à gagner.

Commentaire n°1 posté par étudiant mulhousien le 19/03/2011 à 01h31

Le rayonnement international a, à mon avis, un impact sur les partenariats qui pourraient être effectués avec les universités suisses et allemandes et cela dans l'intérêt des étudiants. Aujourd'hui l'Alsace connait un fort taux de chômage, la Suisse notamment offre de plus grandes perspectives d'emplois d'où l'intérêt de favoriser l'apprentissage de l'allemand par des formations bilingues. Je pense qu'il faut renforcer l'EUCOR et même réfléchir à un PRES transfrontalier avec l'université de Bâle qui compte dans les 10.000 étudiants. Je suis en train d'en discuter avec certains élus et je vais voir si mes homologues suisses sont sur la même longueur d'onde. Un PRES transfrontalier pourrait renforcer Mulhouse. Un idéal serait l'Université du Rhin Supérieur ! Mais je n'y crois pas trop, il y a trop de corporatismes et de concurrence Nord-Sud (Strasbourg-Bâle, principalement). On le voit bien avec les aéroports, je trouve que c'est un bon parallèle. Qu'a fait Mulhouse pour avoir son propre aéroport? Elle l'a fait avec Bâle. Qui gagne aujourd'hui? Bâle-Mulhouse, pendant que Strasbourg-Entzheim s'enfonce, et refuse toujours obstinément de s'associer à Bâle-Mulhouse car il n'aurait pas le contrôle de la nouvelle structure... car ici, c'est Mulhouse qui, grâce à la synergie avec Bâle, commanderait Strasbourg ! Et ça ils ne peuvent pas s'y faire. Concernant la fusion avec Strasbourg, il faut en effet garder à l'esprit qu'eux arrivent clairement pour absorber l'UHA. Il s'agit de Realpolitik. Une université de 50.000 étudiants (et un nombre d'enseignants-chercheurs proportionnel), fusionnée avec une mini-université d'à peine 8.000, forcément après fusion il y en a une qui imposera ses volontés à l'autre, faut pas se voiler la face, c'est la force du nombre. Personne à Strasbourg n'acceptera que l'UHA ait autant de sièges que l'UdS... Et ils auront raison ! Or une fusion, c'est 50/50 dans la gouvernance (sièges au CA), sinon dans la pratique c'est une absorption.
Parmi les nombreuses conditions à imposer lors de la fusion : la gratuité totale des transports en commun pour les étudiants dans toute l'Alsace (accordée par la Région, AOT pour le train). Puisque la plupart des filières générales migreront à Strasbourg, autant se préparer à faire davantage de déplacements et à limiter leur coût dans l'intérêt des étudiants! Comme autre condition (citée dans le texte), il faut en effet que l'université soit renommée, j'en parlerais notamment lors de la réunion de mai qui réunira les CA de Mulhouse et Strasbourg. Enfin je pense qu'il faut associer les étudiants au débat et effectuer une vraie concertation. J'ai proposé au dernier CA que l'équipe dirigeante rencontre les différentes organisations étudiantes qui souhaitent participer au débat. J'ai proposé aussi la mise en place d'un comité de négociation où les étudiants seraient représentés. Je pense enfin qu'il faudra un référendum étudiant sur une question précise.

Réponse de Florian Brunner le 19/03/2011 à 12h48

Mulhouse s'incrit dans le développement général du pôle Bâle-Mulhouse (pas que l'aéroport). La ville est en réalité très peu influencée par Strasbourg, elle l'est beaucoup plus par Bâle et Belfort-Montbéliard-Sochaux (PSA). Zurich est aussi loin de Mulhouse que Strasbourg. Même avec les transport gratuits, un transfert des formations générales vers Strasbourg serait catastrophique. Les étudiants de l'UHA sont principalement des locaux. Tous les étudiants de l'UHA ne viennent pas du centre de Colmar ou du centre de Mulhouse. Il y a beaucoup d'étudiants à l'UHA qui viennent des vallées de Thann et de Guebwiller ou du Sundgau, certain font déjà presque 1 heure de transport pour rejoindre Mulhouse le matin, si les formations sont transférées à Strasbourg ils devront mettre une heure de plus (sans compter le transport à Strasbourg même) ce qui les obligera à déménager sur Strasbourg. Un logement sur Strasbourg plus les autres frais liés c'est minimum 400-500€ par mois à débourser, pour 10 mois ça fait 4000€ à 5000€ de plus par année à débourser, soit 20 000 à 25 000 € de plus pour un master. Ce cas de migrations pendulaires n'est pas un cas négligeable, c'est celui de plusieurs milliers d'étudiants de l'UHA. Il y a également certains hors de la région qui font Belfort-Mulhouse tous les matins. Tu sais très bien que Bâle attire beaucoup d'étudiants mulhousiens. Comment fera l'étudiant qui vient de la vallée de Thann, qui est en apprentissage à Bâle et qui a ses cours à Strasbourg? Il ne faut pas oublier que Mulhouse-Strasbourg c'est 240 km Aller-retour, depuis la vallée de Thann ou le Sundgau ça monte à près de 300 km Aller-retour. La seule solution que je vois c'est le site Gare. Le projet du centre d'affaire de la Gare de Mulhouse n'est pas encore finalisé. Il faut impérativement que l'Université y prenne part et qu'il y ait des logements étudiants à bas coûts inclus dans le projet, ainsi Mulhouse ne se trouverait qu'à 1 heure de train de Strasbourg et ça ouvrirait la porte à un projet de long terme plus équilibré. Le tout doit être accompagné imperativement à la gratuité totale des transports.

Commentaire n°2 posté par étudiant mulhousien le 19/03/2011 à 15h20

Mulhouse pour l'instant a engagé peu de projets dans le cadre de l'EUCOR. Un rapprochement avec Bâle est une idée séduisante, cependant il faut que l'université de Bâle soit sur la même longueur d'onde. Je vais donc essayer de voir avec mes partenaires. C'est un projet au résultat très aléatoire. Ce qui pour l'instant est sur les rails, c'est le rapprochement avec Strasbourg qui risque d'aboutir à une fusion. Dans ce contexte, je pense qu'il faut être offensif et venir avec des conditions claires. Il faut négocier habilement pour tirer le maximum de bénéfices pour l'UHA. Pour l'instant l'université de Strasbourg intervient sur le nom, c'est une question à mon avis accessoire. Je pense que Strasbourg veut éviter d'aborder les vraies questions, les vraies conditions. Nous devons éviter ce piège et se concentrer sur les vrais enjeux.                  

Réponse de Florian Brunner le 20/03/2011 à 18h20

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