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Le Blog de Florian Brunner

Un blog engagé où tout le monde pourra s’exprimer à sa manière sur Colmar, sa région et plus largement sur l'Europe et l'état du monde.

Pistes d'action sur le lycée remises à Richard DESCOINGS, Directeur de Sciences Po Paris en 2009

Publié le 31 Décembre 2011 par Florian Brunner

 

 

Dossier sur le lycée

 

 

 

 

 

 

Objectif : cerner les problèmes que rencontre le lycée et tenter d’y répondre. L’association « Bougeons les lignes Colmar-Alsace » contribue ainsi au débat qui s’est ouvert récemment .

 

Auteur : Florian BRUNNER                                                         

SOMMAIRE

Introduction

I. Une structure élitiste...


A.   Des sections déséquilibrées


a.    Une section écrasante : la scientifique

b.    Du rééquilibrage


B.   Une notation grossière et des possibilités de rattrapage trop restrictives


a.    De la notation

b.    Des possibilités de rattrapage


II. …négligeant l’enseignement des langues et l’orientation 


A.   Des langues


a.    Un enseignement des langues aux résultats insatisfaisants

b.  De l’augmentation des heures de langues et de la spontanéité 


B.   De l’orientation


a.    Des élèves désorientés

b.    Un système à réorienter

 

Conclusion

 

 

Introduction :

 

Le lycée est aujourd’hui remis en cause. Son élitisme incarné par le BAC S, ses cours de langues dérisoires, son orientation inopérante ont souvent été dénoncés.

Le ministre de l’éducation nationale Xavier Darcos a élaboré une réforme controversée.

Un vaste mouvement de contestation s’est formé. Les étudiants expriment une frustration, celle de ne pas être écoutés et portent d’autres propositions.

Quels écueils rencontre le lycée et comment y répondre ?

L’élitisme est un mal important, un rééquilibrage des sections, une nouvelle grille de notation et de nouvelles possibilités de rattrapage sont des remèdes possibles. L’enseignement des langues est insatisfaisant, les heures de cours peuvent être augmentées et leur contenu révisé. L’orientation est inefficace, la semestrialisation et l’intégration de nouveaux profils d’enseignant enrichis d’expériences humaine et professionnelle sont des solutions concevables.

I.                  Une structure élitiste…
A.   Des sections déséquilibrées

a.      Une section écrasante : la scientifique

 

La section S suscite un véritable engouement. C’est la section la plus sollicitée. La section L est délaissée, la section ES un peu plus fréquentée. Nombre de professeurs se plaignent de voir en S des élèves travailler jusqu’à trois heures du matin pour avoir la moyenne en mathématiques, ils ne cessent de répéter que la section S n’ouvre pas toutes les portes, qu’il vaut mieux un bon BAC ES, qu’un mauvais BAC S. Qu’en est-il ?

La section L ouvre des portes mais dans un secteur très réduit. A part professeur de français et de langues ou traducteur on ne peut espérer d’autres débouchés. Il faut être sûr de ce que l’on veut faire avant de s’engager dans cette section or peu d’élèves sont vraiment fixés, ainsi même si ils sont très doués dans les matières littéraires ils vont le plus souvent en S, section jugée plus généraliste.

La section ES offre de bons débouchés. Cependant face à un élève titulaire d’un BAC ES, un élève titulaire d’un BAC S sera prioritaire même dans les secteurs économiques.

La section S est celle qui donne le plus de débouchés, elle est la plus généraliste. Les élèves y entrent pour arriver à avoir un BAC qui ne leur fermera aucune porte.

En outre notre société contient de nombreux êtres qui estiment que l’intelligence scientifique est la seule forme d’intelligence, la littérature serait un luxe. On pense que les élèves savent tout faire du fait de leurs connaissances scientifiques ; l’abstraction est le sésame de toutes les

compétences. Ce postulat influence sournoisement le choix des parents et des élèves.

 

b.     Du rééquilibrage

 

La section ES doit être réhabilitée. La partie économique et sociale peut être développée. Un système de modules propres à cette section peuvent être ajoutés. Ils pourront porter par exemple sur les affaires étrangères, la constitution ( ce serait un préambule au droit constitutionnel ) ou les cultures.

L’instauration de l’économie comme matière obligatoire en seconde permettra aux élèves de mieux saisir la teneur de ce domaine.

La section L est plus difficilement valorisante. On peut insister sur l’enseignement des langues. Initier et /ou éduquer à l’arabe , au mandarin , au russe et à l’hindi serait motivant

et répondrait aux besoins .

La section S doit être revue, son programme allégé. On demande aux élèves de S de tout savoir. Il faut mieux cibler les objectifs de cette section. Peut-être alléger certains points du programme scientifique, revoir les spécialités voire les supprimer pour permettre une revalorisation des langues dans cette section.

 

B.    Une notation grossière et des possibilités de rattrapage trop restrictives

 

a.      De la notation

 

20 est la base de la notation. Ces critères sont trop restrictifs, on ne peut percevoir dans les détails l’étendue des capacités de l’élève. Une notation fondée sur le pourcentage préciserait d’avantage les acquis.

 

b.     Des possibilités de rattrapage

 

Actuellement le redoublement est la seule possibilité de seconde chance offerte, il faut tout réussir ou tout recommencer ce qui demande après l’échec une volonté solide.

En outre dans notre système éducatif, on aime classer, ranger les élèves dans un domaine pour lequel « ils sont capables ». Si l’élève a de bonnes notes il est dans sa voie sinon il se trompe, il doit alors changer, il n’y a pas d’aide à prodiguer. Nombre d’élèves de troisième se voient signifier qu’ils ne devraient pas aller en seconde, certains se maintiennent et souvent ont leur BAC, ils n’en avaient pourtant pas les capacités à en croire leurs professeurs de troisième. On néglige trop souvent la personnalité de l’élève au profil d’un élitisme outrancié.

On pourrait instaurer des cours d’aide en accès libre, à plusieurs moments de la journée, où notamment des méthodes d’apprentissage seraient développées.

En parallèle de cette modification, pourrait être établi la possibilité de refaire un contrôle où la moyenne n’aurait pas été atteinte. L’élève se sentirait plus concerné, serait plus motivé, l’enjeu étant alors immédiat et tangible.

 

II. ...négligeant l'enseignement des langues et l'orientation

 

A.   Des langues


a.     Un enseignement des langues aux résultas insatisfaisants

 

Les élèves français sont en langue les plus mauvais d’Europe.

Les heures de cours sont trop réduites surtout en S où deux heures sont allouées à l’enseignement de chaque langue !

En outre le contenu de ces cours est trop théorique. Il y a un manque de dynamisme. Souvent les élèves se sentent écrasés sous les règles grammaticales et le vocabulaire. Trop peu de place est laissé à l’oral et à l’échange.

 

b.     De l’augmentation des heures de langues et de la spontanéité

 

L’augmentation des heures de langues est donc une nécessité.

De plus, le professeur de langues pourrait adapter son cours en fonction des intérêts des élèves, le rendre plus ludique et interactif avec d’autres classes fussent étrangères.

L’organisation de contacts avec des correspondants est une bonne démarche mais qui reste trop rare.

 

 

B.   De l’orientation

 

a.     Des élèves désorientés

 

Le système d’orientation est inefficace. Nombre d’élèves en arrivant au lycée se cherchent encore et n’ont pas d’objectifs fixes d’où le choix de filières générales mais arrivés au BAC souvent ils n’en savent pas plus. Une foule de questions se bousculent : vers quel domaine se diriger ? Pour quels métiers ? Pourquoi ? Pour quels salaires ? Pour quelles perspectives ? Est-ce le bon choix ?

Face aux cheminements complexes qui se présentent à lui, l’élève reste perplexe. Les explications sont souvent réduites et trop vagues.

Le découpage de l’année scolaire en trimestres est problématique pour la seconde.

Quatre mois pour le premier trimestre, trois mois pour le second, deux mois à peine de temps effectif pour le dernier trimestre, les élèves et les professeurs ne peuvent prendre le temps pour réfléchir à l’orientation. Le premier trimestre c’est trop tôt, le dernier trop tard.

En outre le classement des élèves est un procédé trop affectionné. L’élitisme empêche une orientation impartiale et efficace.

 

b.     Un système à réorienter

 

L’accroissement des possibilités de rattrapage est donc une solution pour répondre à cette obsession du classement et à un élitisme fort.

Découper la seconde en deux semestres  permettrait aux élèves et à leurs professeurs de mieux faire le point sur leurs difficultés.

Mais un changement plus significatif pourrait s’opérer après une réforme des conditions d’accès au professorat des personnes d’expérience.

En effet ouvrir et favoriser les conditions d’accès au professorat à des personnes d’expérience (personnelle et professionnelle) et les rémunérer à âge égal  au même niveau que leurs collègues permettrait de remédier à l’enfermement du lycée. Actuellement un professionnel voulant s’engager dans la voie de l’enseignement sait que si il réussit le concours très scolaire,  il devra se contenter d’un salaire de jeune débutant. Fort de leur expérience ces professeurs pourraient améliorer la qualité de la transmission et du relationnel.

Un meilleur déploiement des épreuves sur deux ans permettrait aux élèves de mieux se concentrer sur certains domaines et en conséquence d’en améliorer leur maîtrise ce qui influe sur leur orientation.

En outre il y a un problème d’organisation , dans le monde du travail les secteurs en déficit de main d’œuvre ne le font pas ou mal savoir, les perspectives et fluctuations de l’emploi sont insuffisamment appréciées à moyen terme et l’on adapte trop tardivement l’outil éducatif aux

nouvelles donnes.

 

Conclusion :

 

Le lycée est une structure élitiste, dominée par la section S. Un rééquilibrage est donc nécessaire.

Les langues et l’orientation sont négligés. Leur revalorisation est impérative.

Mais le lycée est surtout une institution déconnectée des évolutions de l’emploi. La jeunesse se doit d’accélérer la connaissance, pas de se former à un métier : tout un programme.

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