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Le Blog de Florian Brunner

Un blog engagé où tout le monde pourra s’exprimer à sa manière sur Colmar, sa région et plus largement sur l'Europe et l'état du monde.

La droite piégée

Publié le 30 Novembre 2014 par Florian Brunner

 

Nicolas Sarkozy a donc gagné les élections internes de l’UMP, sans surprises mais avec un score décevant. Sans doute que Nicolas Sarkozy cherchera encore des coupables ou des circonstances pour expliquer cette contre-performance, la réalité est plus évidente : Nicolas Sarkozy est arrivé à une victoire molle que parce qu’il a été, lui-même, incapable de rassembler assez son camp, dès le premier tour de cette élection interne. Reste Bruno Le Maire, qui fait une jolie performance de 29% face aux 64% de Nicolas Sarkozy. Cette petite percée de Le Maire n’est pas non plus phénoménale, si bien que nous pouvons parier que pour la suite, Bruno Le Maire aura bien du mal à s’affirmer.


Voici donc Nicolas Sarkozy, Président de l’UMP. Un Président clivant, ce qui représente plus une chance pour ses adversaires qu’un réel danger. Marine Le Pen va encore pouvoir poursuivre son offensive à droite. Nous avons vu ce que la percée du Front National a donné aux européennes, il y a des chances que la dynamique se maintienne et mette en difficulté l’UMP de Nicolas Sarkozy. Nicolas Sarkozy en réalité s’est calqué sur le discours de Marine Le Pen, si bien que les citoyens ont le choix entre Marine Le Pen ou sa copie, discréditée par ses responsabilités passées et les affaires. Les électeurs séduits par Marine Le Pen resteront sur l’original, c'est-à-dire sur Marine Le Pen.


Nicolas Sarkozy court donc se faire étouffer à droite, et ferme la porte au Centre. En réalité, le problème de Nicolas Sarkozy est qu’il n’a jamais aimé le Centre. Comme à son habitude, il ne manque pas de mots élégants pour qualifier le Centre, tout comme il n’en manque pas pour tous ses camarades UMP ou ses adversaires divers. Nicolas Sarkozy ne voit le Centre que comme une entité soumise à ses désirs de conquête. Durant sa présidence, Nicolas Sarkozy a toujours voulu écarter le danger Bayrou et il a recommencé récemment. Nicolas Sarkozy ne veut pas d’un François Bayrou qui pèse en face de lui. Mais par son discours maladroitement offensif, Nicolas Sarkozy a aussi irrité l’UDI qui a d’ailleurs fait le choix récemment d’un Centre conquérant.


Le Président du MoDem, François Bayrou, est bien une menace qui s’affirme face à Nicolas Sarkozy. Voilà donc, Nicolas Sarkozy pris dans un véritable piège politique et électoral entre une Marine Le Pen en pleine expansion et un François Bayrou au comble de sa forme. La droite classique incarnée par l’UMP se trouve dans une équation périlleuse. Elle risque tout simplement de disparaitre. Reste Alain Juppé, le vrai poids lourd qui peut s’imposer face à Nicolas Sarkozy au sein de l'UMP, mais lui-même joue le jeu de l’UMP, du rassemblement désormais, derrière Nicolas Sarkozy. Alors oui, c’est en attendant les primaires. En réalité, si Nicolas Sarkozy a autant perduré à droite, c’est parce que ses rivaux internes n’ont jamais réussi à percer de façon significative. Il reste toujours ce noyau dur (et largement minoritaire en France) sarkozyste. Aucune initiative de renouvellement n’a pu et ne peut émerger à l’UMP, le parti est verrouillé. C’est pour ça que l’UMP est toujours au bord de l'effondrement après ses échéances internes. L’absence de nouveau souffle met l’UMP sous pression. Cette pression deviendra bientôt insoutenable.


Florian BRUNNER

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