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Le Blog de Florian Brunner

Un blog engagé où tout le monde pourra s’exprimer à sa manière sur Colmar, sa région et plus largement sur l'Europe et l'état du monde.

Florian BRUNNER: « Il faut sauver le peuple syrien »

Publié le 5 Septembre 2013 par Florian Brunner

 

 

 

Alors que la classe politique française est mitigée sur une intervention de la France en Syrie, Florian BRUNNER (Président des Jeunes Démocrates d’Alsace, Représentant des Jeunes Démocrates de France chez les Young Democrats for Europe) se prononce Florian-Brunner-2-copie-1pour une opération en Syrie. Il explique les raisons de son choix par une exigence humaniste, au service d’un combat contre le règne du sang et de la terreur. Il rend notamment hommage à l’action courageuse de Bernard-Henri Lévy et s’appui sur les analyses d’Alain Chouet. Florian BRUNNER se prononce pour un engagement fort des Etats-Unis et de la France en Syrie.

 

 

 

 « Vers l’Orient compliqué, je volais avec des idées simples »


Alain Chouet, le médiatique ex-chef du service de renseignement de sécurité à la DGSE pointe le danger des fondamentalistes qui participent à la révolte face à la dictature sanglante de Bachar El-Assad. Ce danger existe. Mais ce danger peut être évité. Alain Chouet est un expert du Moyen-Orient et a développé une analyse riche et intéressante sur la Syrie. Ce spécialiste a un goût manifeste pour décortiquer la complexité de ce pays. Alors que nombre de politiques ne cessent de réclamer la singularité de la position de la France qui ne s’aligne pas, dans la droite ligne de l’action gaullienne, il apparait pertinent d’appliquer une formule du Général De Gaulle: « Vers l’Orient compliqué, je volais avec des idées simples ». Au-delà des combinaisons compliquées régissant les populations du Moyen-Orient, il convient de revenir à des principes simples. D’après Alain Chouet qui ne se prononce pas sur la pertinence d’une intervention, il n’est pas militairement dangereux d’intervenir face à une Armée syrienne peu redoutable. Le danger politique se résume au fait que nous n’avons pas prévu le coup d’après, notamment en ce qui concerne les minorités alaouites, chrétiennes, druzes, ismaéliens etc. Un autre intervenant marquant s’est prononcé clairement pour une intervention en Syrie, il s’agit de Bernard-Henri Lévy dit BHL.


L’action de Bernard-Henri Lévy en Libye a été admirable de courage et d’efficacité


On a allègrement moqué Bernard-Henri Lévy après son action en Libye. C’est une attitude française courante que de toujours se moquer ou de rire. Les français aiment tourner en dérision des actions marquantes, de manière à rassurer leur attentisme. C’est un peu l’esprit des Guignols de l’Info. Rions, rions, et restons à l’arrière. L’action de Bernard-Henri Lévy en Libye a été admirable de courage et d’efficacité. La décision de Nicolas Sarkozy d’intervenir en Libye a été l’une des rares initiatives convaincantes de son mandat. Largement plus convaincante que de recevoir Kadhafi à l’Elysée. Ce dictateur en plus d’être un tortionnaire avait organisé de nombreux attentats comme l’attentat de Lockerbie en 1988 et l’attentat contre le vol 772 UTA en 1989 qui ont entrainé la mort de 440 personnes. La France a été l’une des victimes de ces représailles. La rébellion en Libye imposait d’agir et la mort de Kadhafi est la fin salutaire d’une ère de sang et de chaos. Actuellement la Lybie est dirigée par le Premier Ministre Ali Zeidan. Un Premier Ministre démocrate et libéral. On est ainsi loin d’un pouvoir fondamentaliste qui se serait imposé grâce à l’intervention des Occidentaux. Dommage que Nicolas Sarkozy se soit laissé entrainer dans la posture médiatique du Chef de Guerre qui le conduisit à faire le paon et à vouloir des interventions partout. En Syrie, bien sûr. En Août 2012, il donnait encore des leçons à la gauche attentiste. Ce n’était surement pas la meilleure manière de convaincre Hollande de s’engager en Syrie…Efficace pour dire qu’il est le meilleur, moins efficace pour être réellement efficace. Mais entre-temps il y a eu le Mali avec une intervention convaincante des forces françaises et une belle détermination de François Hollande. L’opération au Mali a fait l’unanimité. L’urgence était manifeste et la situation plus claire.


La portée des méfaits commis en Syrie ne justifie pas notre attentisme et notre immobilisme


En Syrie, des crimes atroces ont été commis lors d’une attaque chimique. D’après les renseignements américains, cette attaque a fait 1429 morts dont 426 enfants près de Damas le 21 août 2013. Ce massacre exige une intervention. Mais attention, nous voilà déjà taxés d’interventionnistes enragés, nous voilà cloués au pilori de l’opinion publique qui ne veut pas de cette intervention (d’après un sondage : 64% des français sont contre une intervention française). La peur justifie cette tendance : peur d’une poussée de l’islamisme et peur d’un embrasement de la région. La peur retient toujours les actions qui demandent de la volonté et de la persévérance. Eh bien tant pis…La portée des méfaits commis en Syrie ne justifie pas notre attentisme et notre immobilisme. L’ONU aurait bien sûr pu soutenir une intervention, mais que pouvait-on espérer avec la Russie ou la Chine ? Ces régimes autoritaires soutiendront toujours la dictature syrienne. Un état de fait historique lie l’action des démocraties à des compromis avec des Etats peu recommandables. Paradoxe tragique. BHL a très bien résumé la situation : « Ce mythe d’une communauté internationale qui serait bloquée par le veto cynique des Russes et des Chinois, aujourd’hui, a quelque chose de répugnant, il y a quelque chose de révoltant. »


Les yeux du monde ne peuvent que constater le massacre du peuple syrien


Bernard-Henri Lévy est l’aboutissement de l’homme engagé, voué entièrement à sa cause. Une cause noble et forte. Sa pensée d’action n’est atteinte par aucun cynisme mais animée par la volonté de servir la dignité et l’accomplissement des hommes. Les initiatives de BHL sont guidées par un humanisme intraitable. Non Bachar El-Assad n’est pas un rempart contre l’islamisme. Ce tyran a soutenu activement des groupes armés comme le Hezbollah, le Hamas et le Jihad islamique. Bachar El-Assad a échoué en Syrie, et se retrouve au centre de l’attention. Les yeux du monde ne peuvent que constater le massacre du peuple syrien. Ils ne peuvent que constater les suffocations d’êtres asservis et torturés. Le peuple syrien saigne et nous continuons à le contempler avec indifférence, le temps de se décider. Qu’importe la dimension des blessures, attendons encore. Attendons des plaies plus profondes, attendons des douleurs plus fortes, attendons des traumatismes plus marquants. Durant cette attente, ce n’est pas que la Syrie qui souffre, c’est toute l’humanité. L’humanité obligée d’assister à une démonstration de sa capacité à s’autodétruire. Cette autodestruction est la même qui est portée par Vladimir Poutine. Monstre russe, monstre froid, enfant maudit sorti des entrailles d’un KGB sanguinaire. Sanguinaire : ce terme porte en lui toute l’essence de l’action des dirigeants russes et syriens.


Le peuple syrien est l’otage d’un affrontement entre un pouvoir à l’agonie et une opposition hétéroclite


C’est le règne du sang et de la terreur. Face à ces maîtres de la destruction, face à ces porteurs de mort, les démocraties se contraignent à négocier, pire elles renoncent. Alors qu’en France, on ne cesse de faire des sondages sur la sécurité, on ne cesse de placer le Ministre de l’Intérieur au cœur de l’actualité, on ne cesse d’engorger les prisons pour y mettre toutes sortes d’individus plus ou moins coupables, les vrais grands criminels de notre temps sont encore en liberté et se réunissent avec nos dirigeants. Vladimir Poutine est le tortionnaire VIP de la Communauté internationale. Les Etats-Unis et l’Europe doivent renoncer aux poignées cordiales avec les mains d’un dictateur tâchées de sang, ces Etats doivent frapper sans concession afin de tuer la barbarie qui torture encore notre monde. Pas frapper Poutine directement mais frapper ses alliés moins puissants et affaiblis qu’il tente encore de sauver. Le peuple syrien est l’otage d’un affrontement entre un pouvoir à l’agonie et une opposition hétéroclite qui contient aussi des salafistes et des djihadistes. En tergiversant, nous amusons le pouvoir syrien et nous distrayons l’opposition, mais surtout nous abandonnons un peuple entier, nous laissons des femmes et des enfants périr, nous laissons cyniquement une tragédie s’opérer, pire nous en sommes les spectateurs conscients. Les médias nous servent chaque jour un nouveau Chapitre et nous regardons avec un voyeurisme morbide tous ces massacres se dérouler. Il ne manque plus que les pop-corn. La réalité devrait nous saisir à la gorge : il faut sauver le peuple syrien.


L’attitude de Barack Obama de sa « ligne rouge » à la consultation du Congrès est révélatrice d’une tentation de l’abandon


Nous devons avant tout répondre à l’appel de notre humanité. L’attitude de Barack Obama de sa « ligne rouge » à la consultation du Congrès est révélatrice d’une tentation de l’abandon, une tentation qui peut nous être fatale. Les britanniques ont déjà abandonné. Ils n’ont plus de Churchill. Seule la France de François Hollande garde sa position claire. Le courage de François Hollande est à saluer. L’inconstance de son allié américain le met dans une situation dure, devant laquelle il doit faire face avec détermination. Oui nous ne pouvons intervenir qu’avec les Américains, ce n’est pas nouveau. La France a l’Armée qu’elle peut avoir, avec ses moyens propres et c’est encore une Armée efficace. L’Armée française est l’une des plus puissantes au monde. Notre capacité d’intervention pourrait évidemment être plus forte encore avec une véritable Défense européenne voire avec une Armée européenne mais pour l’instant les anglais préfèrent restés accrochés aux américains (sauf quand il s’agit de la Syrie…) et les allemands apprécient le calme des armes au repos. Pour l’instant aucune volonté européenne ne se manifeste pour se donner réellement les moyens d’agir indépendamment des Etats-Unis. Si vision gaullienne il y a, il s’agit bien de celle-là. C’est donc presque toujours à la France de se lancer au combat en Lybie, au Mali et peut-être en Syrie. C’est toujours la France qui se retrouve en première ligne. Cette situation qui satisfait les pays restés à l’arrière n’est pas tenable sur le long terme et un sursaut de combat est nécessaire en Europe.


Ce début de XXIème siècle est une période déterminante dans la définition de notre combat contre le Mal


Dès que la France entame une opération militaire, les médias adoptent une attitude puérile et contreproductive qui consiste à mystifier la charge de notre Armée. Sortons de ce militarisme exacerbé, sortons des fantasmes napoléoniens de Chefs de Guerres ou autres inventions fantasmagoriques, concentrons-nous sur les moyens et les missions de notre Armée, concentrons-nous sur les réalités et sur l’avenir de notre capacité de frappe. Le financement de notre Armée est une question de plus en plus préoccupante. Calmons les fantasmes, les fiertés faciles et les satisfactions de gloire dans ce qui est une entreprise violente de mort, accomplie seulement par nécessité. Nous devons agir. Ce début de XXIème siècle est une période déterminante dans la définition de notre combat contre le Mal. Le Mal englobe le fascisme, le totalitarisme, le terrorisme et l’intégrisme. C’est ce Mal que nous devons combattre et résorber. Si au contraire, nous l’acceptons, nous nous résignons à notre fin. Le devoir de notre pays est de protéger ses valeurs comme la liberté. Cette liberté n’a pas de prix et pour la défendre, il convient de mettre les egos nationaux de côté afin d’agir justement. On n’intervient pas pour que notre pays ait la classe, on intervient parce qu’il est vital de le faire en s’adaptant aux réalités et en s’associant avec tous ceux qui sont nécessaires au bon déroulement d’une opération. Peut-être qu’un jour l’Union européenne nous permettra d’être plus forts, pour l’instant l’alliance est de mise. Alors que les droits et la dignité de l’homme sont bafoués, il convient d’entrer dans l’action, l’action rude et froide de notre temps.


Une action au sol est indispensable


Alain Chouet affirme clairement que dès la fin de la guerre de 1973, le président Hafez al-Assad avait tout misé sur la double utilisation des missiles et des gaz de combat. Depuis les années 1970, les décideurs français savent très bien que la Syrie dispose d’un énorme stock de gaz de combat. Pendant 40 ans, le développement de ces armes chimiques n’a pas ému grand monde. Et aujourd’hui encore notre classe politique et notre société semblent y rester insensibles. Il convient désormais d’agir pour mettre fin à l’usage de ces armes ignobles. Une salve de quelques jours ou de quelques heures de bombardements aériens ou de missiles de croisière ne permettra certainement pas d’éliminer le stock total de gaz qui existe en Syrie. Seule une intervention militaire américano-française allant directement au sol permettrait d’éliminer, en tout cas en partie, ces stocks d’armes chimiques. En effet, les stocks d’armes chimiques doivent normalement être mis à l’abri dans des silos, des endroits assez profondément enterrés. Il y en a plusieurs centaines de tonnes, donc certainement très dispersés sur le territoire. Le peuple syrien a besoin d’un engagement fort et déterminant des Etats-Unis et de la France. Nous sommes engagés dans les causes de ce monde et nous devons cesser nos ridicules hésitations et retrouver le courage ainsi que la volonté d’agir. C’est par l’efficacité de son action que notre pays sera reconnu dans le monde. En attendant que l’Europe se réveille, nous avons besoin d’une France combattante qui maintienne avec ses alliés les valeurs de notre civilisation.


 

Florian BRUNNER

Président des Jeunes Démocrates d’Alsace

Représentant des Jeunes Démocrates de France chez les Young Democrats for Europe

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