Lundi 12 mars 2012
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Le 19 mars, je célèbrerai la Saint Joseph. La date du 19 mars 1962 ne marque en aucun cas la fin de la guerre d'Algérie.
Le 19 mars 2012 ne sera que le triste cinquantième anniversaire d'un
cessez-le-feu prévu par les « accords d'Evian » signés la veille, qui a donné le signal de massacres que nous n'avons pas su empêcher et qui laissent une terrible tache sur notre
honneur national. Au cours des mois qui ont suivi ce 19 mars 1962, des dizaines de milliers de nos frères d'armes engagés à nos côtés dans cette guerre fratricide ont été enlevés,
torturés dans d'atroces souffrances, assassinés. Des milliers de nos compatriotes, femmes, vieillards, enfants ont subi des violences
meurtrières qui ont poussé à l'exil, dans un dénuement complet, ceux qui ont pu y échapper. L'accueil de la métropole n'a guère été
fraternel. Il serait évidemment indécent de commémorer comme une victoire la date qui a initié de tels drames.
Certes, la France ne commémore pas que des victoires : les faits d'armes dont nous faisons mémoire, en fêtant chaque année, Camerone ou Bazeilles, sont à l'évidence des victoires mexicaine ou
prussienne. Mais Camerone ou Bazeilles sont des exemples éclatants de la grandeur du sacrifice consenti pour que la mission soit pleinement remplie, des symboles de l'Honneur et de la Fidélité
respectés envers et contre tout. En référence à la cruelle guerre d'Algérie, le 19 mars n'est donc ni un symbole de victoire militaire, ni, moins encore, celui de l'Honneur de nos armes.
Après une victoire incontestable acquise sur le terrain avec son lot de sang, de sacrifices et de larmes, c'est une date à rayer de notre mémoire
collective tant il est vrai qu'elle évoque les terribles drames de conscience de ceux qui avaient mis tout leur cœur dans l'exécution de la mission qui leur avait été confiée :
assurer, dans toute l'Algérie, la sécurité des populations et emporter leur adhésion. Tout au plus, l'évocation de ce 19 mars doit-elle nous
rappeler les exigeants devoirs de justice et de vérité que créent pour la Nation, les conséquences tragiques de ses décisions envers tous ceux qui en ont été les victimes. S'il est une fête que
je célèbrerai avec ferveur en ce 19 mars 2012, ce sera celle de Saint Joseph, exceptionnel exemple d'un homme d'honneur, de fidélité, et de paix !
Bertrand de LAPRESLE - Général d'armée (2s).
Le général Bertrand de La Presle, après avoir commandé la Force d’action rapide, a commandé les forces de la paix des Nations unies en ex-Yougoslavie de mars 1994 à février 1995. Il a été
ensuite conseiller du Gouvernement pour les questions de défense et, à ce titre et en liaison avec cette charge, chargé de mission concernant les otages français. Il a été également conseiller
auprès de Carl Bildt, Représentant spécial de l’Union européenne pour l’ex-Yougoslavie, de telle sorte que l’on peut dire qu’il a suivi le conflit de Bosnie de 1994 à 1996.
http://www.revue-resurrection.org/L-ethique-du-soldat-chretien-a-l
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