Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Le Blog de Florian Brunner

Un blog engagé où tout le monde pourra s’exprimer à sa manière sur Colmar, sa région et plus largement sur l'Europe et l'état du monde.

Moyen-Orient: sortons des pièges de la symbolique, retrouvons le sens de l'action

Publié le 24 Septembre 2015 par Florian Brunner

Moyen-Orient: sortons des pièges de la symbolique, retrouvons le sens de l'action

La politique internationale européenne semble de plus en plus suivre des impératifs de communication. Angela Merkel semble déjà céder au coup de marketing diplomatique russe. Pour faire oublier les difficultés internes à la Russie, Poutine se lance dans une vague opération de communication internationale. Le revoilà qui fait le beau. En réalité l’apport russe ne sera pas décisif. En clair, sous une agitation pompeuse, Poutine veut tout simplement défendre ses intérêts nationaux. Le régime d’Assad par exemple étant un grand client des russes, notamment en ce qui concerne l’armement.

 

En ce qui concerne l’Union européenne et sa diplomatie : parler à Assad ne constitue en rien une solution. Un revirement à court terme, pour répondre à un impact médiatique n’aurait aucun sens. En réalité, le véritable rôle de l’occident nous le connaissons : intervenir par voie aérienne pour attaquer l’Etat Islamique, en laissant les forces locales agir. Le Moyen-Orient doit se responsabiliser. En outre, nous ne pouvons que constater que les Etats sanguinaires du Moyen-Orient comme le régime syrien, mais encore l’Arabie saoudite ou l’Iran, ne représentent en l’état aucune perspective durable. Ils sont nombreux ceux qui interviennent dans les médias pour évoquer leur combat contre l’Etat Islamique, des groupes armés indépendants, héros auto-proclamés, qui mènent leurs guerres personnelles. Pour quel résultat ? Un impact de l'ordre du symbole. Or il n’y a pas plus symbolique qu’un bon "plan com" russe. Nous devons sortir des artifices de la communication, des pièges de la symbolique, pour retrouver le sens de l’action efficace.

 

La solution n’est pas militaire et nous le savons tous. La solution est essentiellement diplomatique, pour construire un projet à long terme. Dans ce contexte, l’Union européenne peut concevoir un vaste plan d’aide humanitaire. Nous en parlons depuis environ deux ans. Là où l’Europe a un rôle clair, c’est dans la protection sur place des civils. Si nous nous rapprochons d’Assad, nous ne ferons que nous associer à un criminel de guerre, à ses méfaits qui font fuir son peuple. Nous ne réglerons en rien le problème. Nous ne ferons que nourrir la colère du peuple syrien envers nous, y compris la colère des migrants qui sont désormais en Europe. Sur la question des migrants justement, au-delà de la position passagèrement généreuse de l’Allemagne, nous devons concevoir une action européenne et engager également des Etats du Moyen-Orient. L’Europe peut aider. Mais encore une fois, le Moyen-Orient doit avant tout se sauver lui-même. Nous pouvons l’aider dans cette tâche, mais nous ne pourrons pas le sauver malgré-lui. Assad ne représente aucun intérêt militaire : ce n’est pas en trainant un régime à l’agonie que nous allons vaincre Daesh. Une nouvelle dynamique doit être lancée et cette dynamique stratégique, humaine, matérielle doit s’appuyer sur un processus régional.

 

Mais il n’y a pas que le Moyen-Orient. Plus près de nous, l’Ukraine est toujours en grande difficulté, le cessez-le-feu n’est toujours pas respecté. Poutine veut briller en Syrie, avec ses amis iraniens. Soit, affirmons-nous en Ukraine. Il sera toujours temps d’avoir un impact au Moyen-Orient, un impact conçu, pensé et préparé, un impact sain et humanitaire. L’improvisation ne se prête pas aux crises que nous traversons. Nous devons penser et planifier. Poutine peut manœuvrer, envoyer des forces en cachette à différents endroits dans le monde, le postulat stratégique étant mauvais, il finira par payer ses erreurs par des échecs successifs. Soyons clairs : l’opération ukrainienne est loin d’avoir été une réussite pour le nouveau Tsar de la Russie, sinon il ne tenterait pas de la faire oublier par de nouvelles opérations médiatiques. Ce sont les échecs sur un terrain d’opération qui poussent les stratèges déroutés à s’engager sur un autre. C’était parce qu’il avait perdu face au Royaume-Uni, qu’Adolph Hitler s’était lancé sur la Russie de Staline

 

Florian BRUNNER

Commenter cet article