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Le Blog de Florian Brunner

Un blog engagé où tout le monde pourra s’exprimer à sa manière sur Colmar, sa région et plus largement sur l'Europe et l'état du monde.

Pour un renouveau de la politique locale

Publié le 2 Avril 2015 par Florian Brunner

Pour un renouveau de la politique locale

Alors que la France connaît de nombreuses difficultés que ce soit dans les domaines de l’éducation, du social ou de l’emploi, et assiste à la fin d’un modèle. Alors que les gouvernements de droite comme de gauche sont paralysés depuis des décennies. Il est devenu courant d’entendre des acteurs de la politique locale nous exposer la notion quasi-sacrée qu’ils ont des collectivités territoriales. Chacun a sa solution pour résoudre la crise économique et sociale que nous connaissons. Nos élus locaux nous expliquent tout simplement que tout changera à partir de la base, où nous pouvons soi-disant agir plus aisément. En bref : ce n’est qu’au plus proche de nous-mêmes, que nous pourrons faire ce que nous voulons. Les collectivités locales ont évidemment un rôle à jouer dans le redressement du pays, et la réforme territoriale actuelle se perd dans des considérations surréalistes, mais ce n’est pas en sacralisant ces instances en difficulté que nous aboutirons à des démarches décisives.

 

En réalité, la politique locale connaît les mêmes dérives que la politique nationale, parce qu’elle a été basée sur le même schéma électoral. Ces dernières départementales ont été l’apogée du scrutin majoritaire et du bipartisme. Une dérive effaçant le pluralisme que nous retrouvons aux présidentielles et aux législatives, basées sur ce même système de scrutin. Reste effectivement les municipales et les régionales basées sur plus de proportionnelle, mais qui aboutissent aussi à la même affirmation étouffante du bipartisme. Les institutions françaises sont reliées les unes aux autres et fonctionnent dans un même ensemble. Ajoutons à cela, un taux d’abstention régulièrement élevé, comme cela a été encore une fois le cas aux dernières départementales. Lors des départementales de 2015, les candidats élus affichaient fièrement leurs 60% voire 70% du second tour, souvent face à la candidature-cadeau du FN, ces scores étant basés sur les suffrages exprimés, cela faisait en réalité soit pile 25% des inscrits ou un peu plus. Pour des scrutins que l’on nous vend comme enracinés, cela fait bien peu.

 

Trop souvent, les élus locaux voient petit et imaginent petit. Pour la classe politique locale, les difficultés que nous connaissons confortent son manque d’ambition, de volonté et d’audace. Il ne faut pas être une bête de combat pour se retrouver élu local parmi les élus locaux. Et pour se retrouver élu sur son nom à ce niveau, il ne faut pas non plus manifester un tempérament très affirmé, il est d’ailleurs à de nombreuses occasions préférable de ne pas se montrer trop volontaire, de manière à n’effrayer personne. La politique locale est donc constituée d’un milieu très conformiste, soignant ses apparences et s’attelant à une carrière tranquille, avec la certitude qu’il ne faut pas trop bouger les éléments et se contenter des petites choses que le local offre. Paris ne les effraie pas tant que ça, dès lors qu’il s’agit de recevoir médailles et récompenses. La course à la légion d’honneur est la seule qui motive véritablement ces acteurs, se voulant du terroir. Ils en ont compris les ressorts essentiels : adhérer à l’un des deux grands partis français, s’activer tranquillement dans différents mandats abordables et confortables pour ensuite récupérer la récompense, une fois le bon parti au pouvoir. La lutte pour les idées, pour des projets de fond, tout cela a été dilué dans un système d’intérêts. Le convenu est disputé au consensuel excessif et le monde local dort sur ses deux oreilles.

 

Alors oui, le monde local mériterait plus que cette politique endormie. Il devrait pour cela accepter la diversité de parcours plus riches. Il devrait se libérer du carriérisme et des logiques clientélistes pour se fonder sur un véritable mouvement citoyen et entreprenant. Nos départements et nos régions ont besoin d’une vision, de volonté et d’audace. Les collectivités territoriales ont besoin de véritables ambitions, menées par des personnalités d’envergure et non des petits notables en cumul permanent. Un renouveau de la démocratie locale s’impose. Si nous voulons que les échelons dits de proximité incarnent réellement ce terme, qui leur ai attribué à tort et à travers. Si nous voulons que ces échelons bougent réellement les secteurs économiques et sociaux. Alors nous devons encourager de nouvelles manières d’organiser et d’exercer la démocratie locale. Pour que nos territoires décollent, il leur faut plus de courage et d’innovation, notamment dans leurs classes politiques. Sans volonté d’affirmation intelligente, les territoires ne pourront s’épanouir dans un cadre national qui est également à redéfinir.

 

Florian BRUNNER

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