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Le Blog de Florian Brunner

Un blog engagé où tout le monde pourra s’exprimer à sa manière sur Colmar, sa région et plus largement sur l'Europe et l'état du monde.

Engageons le débat sur un service civique européen obligatoire

Publié le 21 Janvier 2015 par Florian Brunner

Engageons le débat sur un service civique européen obligatoire

Mais on prend pour des conspirations ce qui n'est que le malaise de tous, le produit du siècle, la lutte de l'ancienne société avec la nouvelle, le combat de la décrépitude des vieilles institutions contre l'énergie des jeunes générations.

Chateaubriand

 

A la place de répéter les vieilles recettes et d’appeler à l’instauration d’un nouveau service militaire, imaginons une nouvelle manière de valoriser les potentiels des jeunes, tout en créant de la cohérence entre eux. Engageons le débat sur un service civique européen obligatoire, qui serait une solution solide face aux enjeux actuels.

 

Le retour du service militaire, une idée absurde, vestige d’une France qui n’est plus

 

Alors que le monde éducatif est au centre de tous les débats, depuis les attentats de Paris, certains, encore une fois sans idées nouvelles, évoquent le retour d’un service militaire. Idée absurde, vestige d’une France qui n’est plus. Tant de jeunes perdaient une année, dans des exercices particuliers et uniformisant. Ceux qui étaient peu inspirés par cette expérience et qui étaient assez rusés, se faisaient réformer et échappaient à ce curieux service, peu adapté à leurs profils. C’est aussi ce service qui a poussé de nombreux jeunes dans des guerres coloniales futiles. C’est ce type de mobilisation qui a poussé de nombreux jeunes américains dans la fournaise du Viêt-Nam. Seuls les plus malins ont pu l’éviter. L’absurdité d’une guerre impérialiste n’étant pas une expérience recommandable

 

A la fin du dix-neuvième siècle et au début du vingtième, ce service avait un rôle évident dans la cohésion nationale. Depuis, il a fait son temps et en 1996, par une décision heureuse de Jacques Chirac, il disparu des écrans radars. Ce service était en outre exclusivement masculin. N’embrassons pas les armes parce que nous nous sentons menacés. N’entrons pas dans l’idolâtrie éprouvée des forces armées et de la guerre. La France et l’Europe méritent mieux. L’Armée professionnelle et mesurée, a mieux à faire, elle a désormais besoin de moyens pour effectuer les opérations essentielles. Elle a désormais besoin d’une coordination européenne.

 

Nous avons avant tout besoin d’un service civique européen obligatoire

 

L’expérience du service militaire a pu être enrichissante pour certains, les menant dans des lieux inattendus et des expériences fructueuses. Nous devons permettre à ceux qui le veulent de pouvoir se lancer dans une expérience militaire, mais nous devons permettre à ceux qui souhaitent s’investir ailleurs, de s’engager dans d’autres domaines. Ainsi nous avons avant tout besoin d’un service civique européen obligatoire. C'est-à-dire un service qui pourrait s’effectuer en Europe, dans les domaines de la politique, du social, de l’associatif, du scientifique, de l’art et du militaire.

 

Nous pourrions avoir, à la sortie du lycée, pour les jeunes de 18 ans, un service civique européen, se déroulant sur une année, dans les secteurs choisis par l’appelé. Le jeune pourra ainsi s’investir dans un domaine qui l’intéresse, en apportant sa motivation, son dynamisme et son potentiel. Il pourra en outre affiner ses centres d’intérêts et donc son projet professionnel et étudiant. A 19 ans, il aura mûri ses attentes et ses souhaits et il pourra se lancer dans une formation appropriée. Les jeunes se retrouvent trop souvent précipités dans le monde universitaire, sans réel cap arrêté. Nous devons favoriser le développement personnel, afin d’y remédier.

 

Nous devons soutenir les contributeurs de talent

 

Il est bien évident que l’Université devra s’adapter à cette nouvelle donne. Les connaissances acquises durant le service, les missions effectuées, les succès rencontrés pourront être transformés en points d’avance dans le cadre de la notation universitaire. Cette valorisation de l’engagement bénévole pourra se poursuivre dans le système de notation, avec les documents prouvant l’engagement en question. D’autres dispositifs pourront être imaginés, dans cet objectif de soutien aux contributeurs de talent. Nous devons redonner aux citoyens la volonté de contribuer. Cette volonté de contribution est absolument essentielle pour l’évolution des jeunes et pour notre pays.

 

Une amélioration des connaissances linguistiques et de l'ouverture sur le monde

 

Faire ce service civique obligatoire, sur le territoire européen, augmentera la possibilité des missions et permettra aux jeunes d’améliorer leurs connaissances des langues, tout en favorisant une plus grande ouverture sur le monde. Les institutions européennes pourront participer à cette orientation, en ouvrant leurs portes à certaines occasions et pour certaines activités, comme cela a déjà été le cas. Le Parlement européen, qui se situe en France sera bien entendu l’instance idéale pour réunir ces jeunes, lors de séances de formations civiques.

 

Ce service européen pourra être développé avec des pays partenaires, accueillant les jeunes français ou adoptant le même dispositif. De cette manière, nous créerons une cohésion au niveau de l’espace européen. Nous permettrons aux jeunes de se déplacer, de voyager, de faire des rencontres et d’évoluer dans un espace plus large. Ce service, s’il est efficacement institué, pourra apporter de solides atouts aux jeunes et consolider les liens entre européens, en donnant leurs chances à tous les jeunes français, quelles que soient leurs origines sociales.

 

Entamons une démarche de service civique qui soit réellement au service des jeunes et de leurs potentiels. Entamons un encouragement de la volonté de contribution, en donnant à tous les jeunes leurs chances. Ce n’est que par ce moyen que nous pourrons faire exister les valeurs d’égalité, de liberté et de fraternité.

 

Florian BRUNNER

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